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En Mongolie, vous allez rencontrer des habitants de la campagne qui sont des éleveurs de la dernière génération de nomades de l’Asie centrale. Les choses se déroulent lentement, et les standards de vie sont différents de ce à quoi vous êtes habitués. Sans parler des coutumes... Un des charmes importants de la Mongolie est bien le respect des coutumes et des traditions. Si vous connaissez un tant soit peu leurs coutumes avant d’y faire vos premiers pas, vous recevrez certainement un accueil encore plus chaleureux.
Les coutumes liées à l’hospitalité
Depuis toujours, les Mongols ont traité leurs visiteurs comme des rois. Hospitalité et générosité ne sont pas chez eux de vains mots. Ils donnent à leurs invités le plus de confort possible pendant le temps qu’ils restent et ne manquent pas non plus de leur offrir leurs meilleurs produits. Comme les Mongols habitent à de grandes distances les uns des autres, c’est au visiteur de leur apporter les nouvelles et ‘le bruit du monde’.
Dans chaque famille mongole, il y a une tasse spéciale qu’on appelle l’« idé », et qui est remplie de produits alimentaires. La coutume veut que le voyageur qui visite la famille qu’il croise sur son chemin puisse se voir offrir l‘idé. S’il n’a pas de temps, il doit seulement goûter ou au moins toucher l’idé en le prenant par dessous avec sa main droite pour montrer sa gratitude. Cette coutume est encore respectée de nos jours à Oulan-Bator. Au lieu des produits laitiers habituels, vous trouverez dans l’idé des bonbons ou des gâteaux. Chez les nomades, dès qu’un visiteur arrive, le thé au lait est offert avec le meilleur des produits alimentaires fabriqués par les femmes de la famille : en été, les produits laitiers, dont le lait de jument fermenté et le fromage sec ; en hiver, la viande et les confiseries que les Mongols adorent manger en les trempant dans leur thé au lait comme les Français trempent leur pain dans leur café. Ils n’hésitent pas non plus à tuer un mouton pour que le visiteur puisse déguster une soupe de viande fraîche.
Traditionnellement un Mongol doit laisser sa porte ouverte même s’il est absent pour que le visiteur y trouve le confort et puisse soulager son corps fatigué par le trajet. Cette coutume est toujours respectée chez les éleveurs mongols : ils ne ferment jamais leur porte à clé. Ils laissent même des aliments sur la table en évidence pour que le visiteur qui passe ait à manger en leur absence.
L’alimentation est principalement à base de produits laitiers et de viande. A cause du climat, les Mongols cultivent très peu de légumes. Mais on voit couramment des pommes de terre, des carottes, des choux, des navets, des oignons, et des champignons dans les plats. Avec l’arrivée du communisme, les Mongols ont intégré beaucoup de coutumes occidentales et leurs plats ressemblent un peu à ce qu’on fait en Europe.
Les Mongols mangent beaucoup de produits laitiers en été, mais ils en préparent également pour les consommer pendant l’hiver, notamment les produits laitiers « séchés ». En automne, avec l’arrivée du froid, les Mongols préparent leur réserve de viande pour l’hiver. Chaque famille tue une dizaine de moutons et une ou deux vaches pour cela. Ils préparent le « Borts » la viande séchée, avec une partie de la viande pour la consommer pendant le printemps et l’été. Le froid de l’hiver leur permet de congeler les autres parties de la viande qu’ils consomment au cours de l’hiver.
Les traditions orales
La musique occupe une place importante dans la vie des nomades. Ils adorent chanter, danser et raconter des histoires. Le folklore, riche et varié, occupe une place importante dans la vie culturelle des Mongols. Les enfants peuvent sans difficulté raconter les longues épopées de leurs ancêtres, ils savent par cœur les mythes et les légendes récités par les conteurs. Autrefois, il y avait des conteurs de poésie épique qui se déplaçaient d’un clan à l’autre avec leur « Morin huur » - le violon à tête de cheval- pour dire partout les aventures que les enfants adorent écouter. Ils étaient très respectés. Ils sont en partie responsables de la transmission aux générations suivantes des anciennes cultures. La transmission orale a joué un rôle important. Les guerres quasi permanentes et la transhumance perpétuelle ont en effet été un obstacle à la conservation des anciens manuscrits et il reste aujourd’hui peu de traces écrites.
Les récits oraux sont riches et variés. La plupart du temps, ils prennent la forme d’éloges, de légendes, de mythes ou de devinettes souvent très poétiques sur la nature, les montagnes, les rivières, le bétail, les chevaux légendaires, mais aussi sur les activités quotidiennes de la yourte, de la chasse etc. Autrefois, les enfants mongols devaient connaître par cœur l’histoire des neuf générations qui les précédaient.
Parmi tous les types de récits, on peut également entendre des vœux, sorte de prière (ou souhait), déclamés sous forme de poèmes. Il y a des souhaits spéciaux qu’on dit pour la chasse, le mariage, la construction d’une nouvelle yourte, la naissance d’enfants ou même pour un nouveau deel (vêtement traditionnel mongol).
La musique
Le morin huur – le violon à tête de cheval
Les Mongols ont une affection particulière pour leurs chevaux et pour leur violon à deux cordes : le Morin Huur. Selon eux, seul le violon peut illustrer la vaste étendue de la steppe et exprimer librement leurs sentiments sur la vie. Le violon à tête de cheval a pris ce nom car sur la hampe du violon, on peut voir une tête de cheval. La légende de cet instrument dit qu’avant il y avait un homme qui s’appelait Tooroi Namjil, qui avait un cheval ailé. Il traversait de vastes étendues avec son cheval en un instant. Il voyageait souvent d’ouest en est pour voir sa maîtresse. Un beau matin, il trouva son cheval bien aimé assassiné, tué par un homme jaloux. Tooroi Namjil, submergé par le chagrin, inventa alors un violon pour se rappeler son cheval. Il utilisa la peau et l’os de son cheval pour construire le corps du violon et, pour la corde, il utilisa la queue de son cheval. Ainsi est né le Morin huur. Avec les deux cordes de Morin huur, les Mongols peuvent raconter la vie d’un cheval, ses hennissements et ses galops. Cet instrument est très respecté chez les nomades et chaque famille en possède un.
Les chants mongols
Les Mongols adorent chanter en famille et entre amis. Et si on s’entraîne en famille, les visiteurs sont souvent invités à participer. Les Mongols chantent sur leur pays natal, leur mère et leur bétail. Les deux arts les plus significatifs sont le chant long traditionnel et le chant diphonique- Khöömii.
Le chant diphonique: chant de gorge ou encore chant harmonique est une technique de chant permettant de produire plusieurs sons à la fois. Un bourdon grave est produit avec la gorge tandis que des harmoniques aiguës sont produites simultanément par résonnance.
Le chant diphonique mongol (xoomeï) est particulièrement célèbre. Différents styles y sont représentés, et se retrouvent dans les pays voisins : Touva, Bouriatie, République de l'Altaï, etc.
Il convient de préciser que le terme « chant diphonique » est ici utilisé pour désigner une technique vocale particulière où la note la plus grave est chantée, et une note plus aiguë est produite par les harmoniques de la voix.
En règle générale, le terme « chant diphonique » est un terme générique désignant toute technique vocale permettant à un chanteur de produire plusieurs notes simultanément. La technique la plus couramment employée est appelée Sygyt. D'autres techniques de chant diphonique existent, telles que le Kargyraa, qui consiste à faire vibrer certains tissus présents au-dessus des cordes vocales, produisant une note grave — une octave en dessous de la note chantée — évoquant certains chants sacrés tibétains.
Le chant long : Le chant long est un véritable art de nomades. Il peut être chanté sans instrument d’accompagnement. C’est un chant très mélodique et la voix d’un bon chanteur peut s’entendre de très loin. L’origine du chant long est liée au nomadisme. Quand ils font paître leur bétail, les cavaliers mongols ont besoin de crier fort afin de rassembler tout leur troupeau qui s’est répandu dans la steppe et aussi d’effrayer les loups. Quand on chevauche dans la vaste steppe, seul, on a envie de chanter.
La yourte mongole
Si la yourte mongole est apparue il y a environ 2000 ans, elle a évolué à travers les siècles. Une longue tradition de nomadisme a poussé les Mongols à inventer cette demeure très spéciale qui s’appelle Ger en mongol (le terme yourte venant du turc). Elle est en effet facile à monter et à démonter et de ce fait tout à fait adaptée à la vie des nomades. Aujourd’hui, malgré l’urbanisation, la moitié des Mongols vivent toujours dans une yourte.
La taille des yourtes dépend du nombre de « murs » ou treillis en bois. La taille standard pour une yourte à 5 murs est de 6m10 de diamètre entre 1m50 et 2m30 de hauteur. Il existe aussi des yourtes à 10 murs, que vous verrez sûrement pendant votre voyage dans les camps de touristes et qui sont utilisées comme restaurants. En plus de ces 5 murs (Xana), la yourte est composée de deux colonnes (bagana), d'une porte (Xaalga), d'une couronne ou clef de voûte (thoone), de 81 perches (Hunne), d'une ou deux couches de feutre (esgui) et d'une toile imperméable (berdzine) en coton.
Les murs sont attachés entre eux horizontalement pour former un cercle. La porte est placée parmi les murs et s’ouvre toujours au sud. Les perches lient les murs à la voûte servant à former le toit alors que la voûte est supportée par deux colonnes. Après avoir monté la structure en bois, on la couvre avec des morceaux de feutre et des toiles imperméables. La dernière étape consiste à recouvrir toute la yourte avec un tissu blanc qui lui donne cette couleur typique que vous retrouverez un peu partout.
La yourte est une habitation familiale comprenant une pièce unique autour d'un poêle. Une famille nomade peut posséder une ou plusieurs yourtes. A l’intérieur, on trouve, en général à gauche, le lit du couple, à droite, le lit de l’invité ou celui des enfants, au nord, les commodes où les nomades gardent leurs affaires personnelles, et sur lesquels on place le bouddha et les choses en son honneur. Le poêle se trouve au centre, au dessous de l’ouverture de la voûte. On y prépare la cuisine. Les ustensiles sont placés sur une armoire qui se trouve au sud-est entre le lit et la porte. La partie sud-ouest est réservée pour garder les outils quotidiens comme la selle, la bride et le licou. Traditionnellement, la partie Nord est réservée au chef de la famille. Lorsqu’on rentre dans la yourte, la partie gauche est réservée aux invités et la partie droite accueille les femmes de la famille. Les invités s’assoient à gauche selon leur âge du nord au sud. Si vous êtes très respecté ou plus âgé que le chef de famille, on vous fera asseoir à côté du chef de famille.
Les fêtes
Le Naadam
C’est probablement la fête mongole la plus connue. Cette fête existe depuis l’époque de Gengis Khan. Elle servait, entre autre, à l’entraînement des soldats. Les Mongols le célèbrent le 11 et 12 juillet à l’occasion du jour de l’indépendance obtenue en 1921. Le Naadam est appelé aussi « la compétition des trois sports virils» que sont la course de chevaux, la lutte et le tir à l’arc. Chaque région organise son Naadam qui se déroule toujours un ou deux jours avant ou après celui qui a lieu à Oulan-Bator. Evidement le Naadam d’Oulan-Bator est le plus grand et le plus important. Les lutteurs les plus connus, les chevaux les plus rapides participent au Naadam d’Oulan-Bator. Entre 500 et 1000 chevaux participent à la course. La compétition de lutte commence avec 512 lutteurs de haut rang.
Les courses de chevaux : Les Mongols sont un des derniers peuples à garder à ce point la culture du cheval, ils vénèrent tout simplement cet animal. Les nomades sont très fiers de leur habileté de cavalier et la course de chevaux pendant le Naadam est un des moments forts de l’année en Mongolie. Ils préparent leurs chevaux pendant les trois mois qui précèdent le Naadam. Le dressage d’un cheval de course est une véritable science en Mongolie. Ce sont toujours les enfants de 5 à 13 ans, qui montent les chevaux de course. Pendant un Naadam, 6 courses de chevaux sont organisées selon l’âge de l’animal. Le festival commence par la course des poulains de deux ans et ainsi de suite jusqu’aux étalons. On récompense les trois premiers arrivés et on donne son grade au dresseur. Il existe des grades nationaux, provinciaux et ceux du soum (la plus petite entité administrative mongole) Pour la course des poulains de deux ans, on offre une prime spéciale (la prime du ventre plein) au dernier cavalier arrivé. Ce n’est pas pour se moquer du cavalier ou de sa monture mais pour souhaiter que le cheval devienne rapide et le cavalier habile. Après l’arrivée des chevaux, on fait l’éloge à haute voix des chevaux qui ont gagné la course devant tout le monde.
La lutte : La lutte est un sport traditionnel mongol. Les Mongols sont très habiles en lutte et les enfants grandissent avec ce sport en s’exerçant avec leurs amis. Grâce aux techniques de lutte mongole, de nombreux sportifs mongols ont eu des médailles aux jeux olympiques ou dans les compétions internationales. Aujourd’hui, les Mongols dominent le sumo japonais et les plus grands champions de ce sport sont les Mongols Asashoryu et Hakuho.
La compétition de lutte au Naadam d’Oulan-Bator est le plus importante de l’année et les lutteurs (512) de haut rang y participent. Il y a neuf tours. Les plus grands lutteurs choisissent leurs adversaires. Si l’un des lutteurs réussi à fait tomber son adversaire, il gagne. Si ce dernier met un genou au sol, il perd également. Il y 3 niveaux (soum, provincial, national) et 5 rangs différents (faucon, éléphant, khartsaga, Lion, Titan). De nos jours il y a une dizaine de titans nationaux vivants.
Tsagaan Sar
La fête de Tsagaan Sar - la lune blanche - est célébrée à l’occasion de l’arrivée du nouvel an du calendrier lunaire. Il est célébré pendant les trois premiers jours du premier mois de l’année. Le nouvel an signifie pour les Mongols le commencement d’une nouvelle vie mais aussi la fin du rude hiver. C’est pour cela qu’on dit souvent que le printemps commence après Tsagaan Sar. C’est pourquoi avant Tsagaan Sar, tous les Mongols s’efforcent de régler les affaires qu’ils ont commencées au cours de l’année passée. Pendant la fête, les Mongols portent de nouveaux vêtements, nettoient leur maison, réparent l’enclos du bétail et règlent leurs dettes s’ils en avaient. Ils préparent également beaucoup de nourriture pour faire régner l’abondance toute l’année dans leur foyer.
Avant Tsagaan Sar, chaque famille prépare grand quantité de raviolis mongols, les «buuz » pour les visiteurs. Pendant les trois jours de Tsagaan Sar chaque individu doit rendre visite à ses proches à ses amis ou à ses voisins pour faire « Zolgolt ». La « Zolgolt » est une coutume très spéciale. C’est une forme de salutation entre deux personnes que l’on effectue seulement le jour de Tsagaan Sar. Les deux individus se placent l’un en face de l’autre et se tiennent les bras en s’échangeant les salutations La plus jeune des deux personnes doit mettre ses bras en dessous des bras de la personne plus âgée et les soulever légèrement vers le haut pour montrer son respect.
La table de Tsagaan-sar :
Chaque famille prépare une table avec les produits alimentaires faits par la famille. Ce sont en grande partie des produits laitiers. C’est pour cela aussi qu’on appelle cette fête « le mois blanc ». Les Mongols fabriquent aussi une sorte de gâteau sec en grande quantité. En les étalant les uns sur les autres, on réalise l’idé de Tsagaan Sar que l’on décore ensuite avec les produits laitiers.
Une des préparations importantes de Tsagaan Sar est le « Uuts ». Le Uuts est la partie basse de la viande de mouton qui inclut les deux cuisses, le dos et les trois dernières côtes. On prépare le Uuts avec la viande du mouton le plus gras pour célébrer le bon travail réalisé par l’éleveur. On dit alors de l’éleveur qu’il a bien engraissé ses bêtes. Si le bétail a pris du poids, si la viande est bien grasse, les animaux supporteront mieux la rudesse hivernale et moins de bêtes mourront. C’est très important chez les nomades. D’ailleurs, les nomades se saluent souvent entre eux par cette phrase :
Daaga dalantai, Byaruu bulchintai ond sain orov uu ?
Est ce que les petits poulains ont bien pris de la force et les petits veaux ont pris du poids ?
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